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Pour une direction plus collégiale.

jeudi 6 septembre 2018

Durant l’été, un rapport de deux députées LR et LREM sur la direction a dévoilé une ébauche de ce que pourrait être les futures mesures du gouvernement sur le sujet. Inquiétant.

C’est en catimini que le rapport sur la direction d’école des députées Valérie Bazin-Malgras et Cécile Rilhac a été livré au gouvernement.

Que propose ce rapport ?

Dans un premier temps, les députées souhaitent que les directeurs bénéficient d’un statut. Elle prône la professionnalisation de la fonction, avec obtention du statut pat l’intermédiaire d’un concours ou par une valorisation des acquis d’expérience. Elles ajoutent que « désormais cadres, les directeurs pourront adopter une posture différente de celle de professeurs des écoles. » Par la suite, les deux parlementaires militent pour une fusion des écoles maternelles et élémentaires. Elles justifient cette décision par l’obligation d’instruction dès 3 ans décidée par le Président de la République et le Ministre de l’Education Nationale. Elles proposent que la fusion se poursuive plus tard entre le primaire et le secondaire à l’instar de ce qui se fait dans certains pays scandinaves comme la Finlande. Les directeurs d’école deviendraient dès lors des adjoints du principal du collège de secteur et les opérations administratives seraient gérées par les services du collège.

Qui sont Valérie Bazin-Malgras et Cécile Rilhac ?

Valérie Bazin-Malgras est députée LR de la 2e circonscription de l’Aube depuis 2017. Avant cela, elle était directrice de magasin. Cécile Rilhac est députée LREM de la 3e circonscription du Val d’Oise depuis 2017. Avant cela, elle était professeur d’EPS puis principale adjointe de collège ainsi que militante au sein d’une association de parents d’élèves.

Ce qu’en dit le SNUipp-FSU45 :

Depuis toujours, le SNUipp-FSU45 s’oppose au statut du directeur. Il milite pour une façon plus collégiale de gérer les établissements scolaires et dans le cas qui nous concerne, les écoles. Depuis des années, les missions du directeur d’école se sont multipliées. Nous considérons que plutôt que de lui octroyer un statut, il serait plus utile de le soulager de certaines de ses missions en :

  • augmentant les temps de décharges notamment pour les directeurs de petites écoles.
  • embauchant des aides à la direction pérennes.
  • en donnant plus de possibilités de décision au conseil des maîtres. Le retour de cette proposition est d’autant plus inquiétant que le Ministère entend multiplier les recrutements hors-barème par l’intermédiaire de postes à profil et de recrutements par les personnels de direction. A cela s’ajoute la volonté de l’Etat de recruter davantage sous forme contractuelle plutôt que statutaire. Autre inquiétud : le Ministère pourra trouver des soutiens de la part de certains syndicats qui sont aujourd’hui favorables à ce statut. Ils expliquent qu’ils sont pour une reconnaissance de la fonction mais contre un statut hiérarchique, sauf que c’est faire preuve d’une bien grande naïveté que de croire qu’une telle réforme ne débouchera pas à terme sur une structure pyramidale avec le directeur au-dessus des enseignants.

Pour ces raisons et parce qu’il défend une vision plus horizontale de la société et des administrations, le SNUipp-FSU 45 s’oppose clairement au statut du directeur. Pour nous, le directeur doit demeurer un enseignant parmi les enseignants même s’il est nécessaire d’avancer sur le sujet. En clair pour nous c’est :

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En ce qui concerne, les autres propositions, le SNUipp-FSU45 notent qu’elles démontrent une méconnaissance des élèves et des spécificités de chaque niveau : maternel, élémentaire, secondaire. Croire qu’on peut (qu’on doit) transposer sans discernement des fonctionnements d’autres systèmes est une négation des spécificités nationales et un brin idéologique pour ne pas dire utopique. L’instruction publique s’est construite en France sur des modèles efficaces qui ont inspiré d’ailleurs, d’autres systèmes (notamment l’école maternelle) et si les modèles scandinaves réussissent, c’est notamment parce que le taux d’encadrement y est meilleur et l’investissement pour les élèves de moins de 10 ans bien supérieur. Dommage que sur ces points, les gouvernements successifs rechignent toujours autant à prendre comme exemple le modèle finlandais. Enfin, rappelons qu’un pays comme la Suède, pourtant jadis bien placé dans le classement PISA a dégringolé suite aux orientations libérales décidées dans ce pays. La France entend prendre cet exemple, pour des raisons budgétaires et idéologiques, il devrait se montrer prudent et lire les conclusions de l’OCDE sur le sujet.

http://www.cafepedagogique.net/lexp...

Grève administrative :

Le SNUipp-FSU45 milite pour la poursuite de la grève administrative dans les écoles pour exiger un allègement de la charge de travail des directeurs, le recrutement d’aide à la direction et une augmentation des quotités de décharge notamment pour les petites écoles.

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