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ASH - l’inclusion et le protocole sanitaire : des enjeux difficilement compatibles

mardi 3 novembre 2020

A l’heure du protocole sanitaire soit disant « renforcé » et proposé tardivement par le Ministère, des interrogations subsistent pour les enseignant·e·s spécialisé·e·s et/ou faisant fonction.

Le dernier protocole sanitaire « renforcé » s’articule autour de trois points :

  • les gestes-barrières connus de tout-un-chacun désormais,
  • la logique du « dans la mesure du possible »,
  • et surtout la limitation du brassage des élèves.

« Dans la mesure du possible »

Le Ministère nous laisse maintenant la capacité d’évaluer par nous-même et de concevoir la mise en place du protocole sanitaire. A ce titre, le Snuipp s’oppose à cette formulation et réclame des conditions sanitaires plus sûres pour les élèves et les personnels de l’Education Nationale.

Eviter le brassage : comment faire dans l’ASH ?

Alors que les enseignant·e·s spécialisé·e·s sont sommé·e·s depuis plusieurs années de favoriser l’inclusion des élèves à besoins éducatifs particuliers, les voilà désormais de retour aux vieux fonctionnements (type CLIS notamment). En plus de s’adapter aux besoins des élèves, il nous faut maintenant s’adapter aux revirements multiples de notre Ministère...

Le constat est simple : limiter le brassage implique l’annulation des dispositifs d’inclusion, ce qui est tout simplement impossible dans certains cas ! Qu’il s’agisse des dispositifs ULIS (1er et 2nd degré) ou bien de la SEGPA (avec la 6e inclusive), nous nous retrouvons face à des injonctions paradoxales inadmissibles.

Autant, la limitation du brassage dans les dispositifs ULIS semble possible, mais à quel prix ? Se retrouver face à un effectif d’élèves important et empêchant une réelle prise en compte des besoins de nos élèves.

Dans les ESMS (ITEP, IME...), que deviennent les unités d’enseignement externalisées ? Même constat qu’en ULIS, la suspension des inclusions est théoriquement possible, mais pour quels résultats en classe...

Dans les SEGPA, l’année de la 6e inclusive est problématique dans certains établissements. Au regard des moyens alloués, les enseignant·e·s et les établissements n’ont pas la capacité d’assurer la continuité des enseignements habituellement dispensés de manière inclusive. De fait, les élèves les plus en difficulté se retrouveraient les plus pénalisés...

Alors, comment faire ?

Si nous continuons les inclusions, nous ne respectons pas le protocole sanitaire, du moins pas son principe général. Nous mettrions en danger la santé des élèves et des personnels. En outre, à quoi bon s’embêter à sectoriser les cours de récréation, les restaurants scolaires pour finalement annihiler ces efforts lors des temps d’enseignement.

La politique de l’inclusion à marche forcée a entre autre réduit les moyens alloués aux différents dispositifs de l’ASH, mais elle n’avait visiblement pas prévu la souplesse nécessaire lors de situations exceptionnelles telles que celle que nous vivons actuellement.

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