Voilà la triste réalité... un deuxième hommage laissant une goût amer. Oui, nous devons commémorer cet événement tragique pour l’Ecole dans laquelle nous nous investissons, être à la hauteur à la fois du traumatisme subi et des principes et des valeurs qui ont été attaqués à travers cet acte odieux, car l’Ecole a pour mission de former des individus libres et égaux. Le terrorisme en est son exact contraire.
C’est pour cette raison que l’école est et doit rester le premier antidote face à ce fléau parce qu’elle permet de forger l’esprit critique des élèves, futur·es citoyen·nes.
Le rôle de Samuel Paty, comme de tout·e enseignant·e, était d’accompagner chaque élève vers les progrès de la connaissance et de la conscience en confrontant les faits, les opinions, les analyses. C’est par l’exercice même de cette mission essentielle qu’il a été assassiné.
En revanche, un hommage devrait être accompagné de faits, d’actes. Or, à part une campagne sur la laïcité plus que douteuse et clairement discriminante qui ne met jamais en avant ce qu’est la laïcité, et des documents eduscol ne répondant clairement pas à la hauteur de l’enjeu rien n’a été fait.
Nos formations tournent encore et toujours sur les mêmes sujets (français, maths), l’impression de se retrouver seul·es face aux difficultés que nous rencontrons dans les écoles (et qui se sont accentuées avec la crise sanitaire) est toujours présente, sans parler du temps d’échanges et de concertations en équipe qu’on nous vole en nous pressant d’injonctions qui se font dans des délais toujours plus courts.
Nous avons rendu hommage vendredi 15 octobre et samedi 16 octobre, mais parce qu’on ne peut se satisfaire de cet unique acte, nous continuerons à exiger des mesures de protection et de soutien des personnels, tout en dénonçant toute instrumentalisation de la laïcité.