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Les métiers de la formation dans la tourmente

lundi 18 octobre 2021

La voix des formatrices et des formateurs du 1er degré commence à se faire entendre, jusqu’au Conseil supérieur de l’éducation, et des premiers bougés sont à mettre au compte des diverses mobilisations : une augmentation de 500 euros par an de l’indemnité des CPC et la création de 100 postes sont annoncés pour 2022. Mais dans le même temps, quelle évolution du métier de formateur·trice s’engage ?

Après une réforme-surprise du CAFIPEMF, les discussions post-Grenelle ne vont pas dans le bon sens. Alors que la surcharge, mais aussi la perte de sens du métier sont au cœur des expressions des formateur·trices, le ministère veut ouvrir la possibilité pour certain·es CPC de participer à des missions relevant de l’inspection. La mission de formation, de conseil et d’aide à la construction de la professionnalité enseignante n’est pas compatible avec cette évolution.

Avec le nouveau CAFIPEMF, qui s’applique dès cette rentrée, le ministère entend faire du métier de formateurs et formatrices le levier du déploiement de ses obsessions éducatives : resserrement sur les savoirs dits « fondamentaux », français et mathématiques, spécialisation différée, abandon du mémoire signant un éloignement du rapport à la recherche, uniformisation des épreuves autour de l’action individuelle de formation... De fait, c’est la dimension réflexive du métier de formateur·trice et l’élaboration de démarche collective de formation dans toutes les disciplines scolaires qui se trouvent impactées. Et ce dans la droite ligne de la volonté du ministre d’imposer des « bonnes pratiques » d’enseignement élaborées par des « groupes d’experts » au lieu de renforcer la professionnalité enseignante, vecteur essentiel de la lutte contre les inégalités scolaires.

Depuis 2010 le SNUipp-FSU a ouvert des « chantiers travail » pour étudier les manières dont les professionnel·les de l’enseignement peuvent questionner le travail et développer les ressources du métier. Une manière de comprendre le travail réel pour mieux le changer. Les formateurs et formatrices, essentiel·les dans cet objectif de formation, doivent pouvoir mutualiser et diffuser des savoir-faire didactiques et pédagogiques auprès des équipes d’école pour que diffusent les apports de la recherche dans le quotidien et les problématiques de la classe. Pour le permettre il est nécessaire de renforcer ces équipes de circonscriptions afin qu’elles puissent se consacrer au cœur de leur métier, l’accompagnement. Face au sentiment de perte du pouvoir d’agir des enseignant·es, aux énergies gaspillées, aux problèmes de conditions de travail qui se détériorent, la formation doit être un lieu d’élaboration et un moyen de réfléchir ensemble face à un métier qui, allant en se complexifiant, demande de plus en plus de collectif. Construire des gestes et pratiques professionnelles qui ne résultent pas d’injonctions venues d’en haut mais qui soient débattus et construits collectivement, pour la réussite de tou·tes.

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