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Salaires and co : où en est-on ?

mardi 7 décembre 2021

Un point sur les revalorisations des PE et AESH

Les mesures prises pour revaloriser PE et AESH sont très parcellaires. Très insuffisantes, loin de concerner tou·tes les personnels et basées sur des logiques indemnitaires, le compte n’y est pas.

Alors que les personnels des écoles attendent une revalorisation de toutes et tous, le ministère poursuit dans sa logique indemnitaire. Ses annonces du 25 août 2021 commencent à se concrétiser, plusieurs textes ayant été présentés au Comité technique ministériel de novembre.

Les interventions récurrentes des organisations syndicales en général et du SNUipp-FSU en particulier, les mobilisations et les grèves initiées notamment par la FSU, ont permis quelques avancées salariales, qui restent très largement en deçà des attentes et des besoins des personnels, le salaire moyen des enseignants français se situant très en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE.

PE : Des revalorisations indemnitaires, toujours pas d’indiciaire

Première revalorisation, celle de l’indemnité d’attractivité qui concernera 58 % des enseignantes et enseignants à partir de février 2022.

En résumé et par échelon :

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Le compte n’y est toujours pas. Avec 42 % des enseignantes et enseignants non-concerné·es, cette revalorisation qui prend pleinement effet en février 2022, laisse beaucoup trop de personnels sur le bord de la route.

Ces augmentations, de 28,5 € nets mensuels des échelons 5 à 9, ne permettent pas de répondre au gel quasi-continu du point d’indice depuis 2010 qui a abouti, conjugué aux hausses des cotisations retraites, à une perte de pouvoir d’achat cumulée de près de 17%. En 2021, par rapport à 2010, c’est l’équivalent de deux mois de salaires qui ont été perdu par les enseignant·es.

Enfin en augmentant seulement quelques échelons de façon différenciée, on assiste à un effet de lissage des salaires qui fait qu’en 13 ans de carrière, l’augmentation sera de 201 € au lieu de 293 € avant la première « prime d’attractivité ».

D’autres indemnités seront revalorisées à compter de janvier 2022 comme l’indemnité de sujétion spéciale pour l’ensemble des directrices et directeurs, d’école ou chargé·es de SEGPA. Toutes et tous percevront 225 € bruts de plus par an. Les conseiller·es pédagogiques verront leur indemnité revalorisée de 500 € bruts par an. Pour le ministère, il s’agit de revalorisations qui ont vocation à se reproduire mais sans préciser ni calendrier, ni niveau de rémunération à atteindre.

Le SNUipp-FSU revendique pour répondre structurellement à la question du pouvoir d’achat des personnels de l’Éducation nationale, une loi de programmation pluriannuelle, avec une revalorisation des grilles indiciaires pour rattraper le retard de 600 € mensuels mesuré au bout de 15 ans d’ancienneté avec la moyenne des pays de l’UE. Et dès maintenant, le syndicat demande le doublement de l’ISAE et une prime d’équipement de 500 € annuels.

Hors question salariale, il réclame pour la direction d’école d’aller plus loin pour un réel allègement des taches, pour la création d’emploi pérenne d’aide administrative et au fonctionnement de l’école, pour que toutes les écoles bénéficient d’une augmentation de décharge. Cela nécessite la mise en place d’un plan pluriannuel.

Et les AESH ?

Le décret n°2021-1106 du 23 août 2021 met en place pour les AESH une nouvelle grille de rémunérations à compter du 1er septembre 2021. Elle comporte 11 échelons, allant de l’indice 341 à l’indice 435. L’indice du premier échelon a été revalorisé en octobre suite à l’augmentation du SMIC. La durée dans chaque indice est de 3 ans.

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A l’instar des mécanismes de carrière dont bénéficient les fonctionnaires, la progression de la rémunération devient régulière, tous les trois ans, sans être liée comme c’était le cas auparavant à la conduite de l’entretien professionnel.

Les AESH sont reclassé·es dans la nouvelle grille en fonction de leur ancienneté :

  • AESH dans son premier CDD = reclassement au 1er échelon (IM 341) ;
  • AESH dans son second CDD = reclassement au 2e échelon (IM 345) ;
  • AESH en CDI = 3e échelon (IM 355).

Lors du reclassement, les AESH conservent l’ancienneté du contrat détenu. Si celle-ci est supérieure à trois ans, elle permet d’accéder à l’échelon directement supérieur. Les AESH reclassé·es à un échelon avec un indice brut inférieur à celui qu’ils et elles détenaient avant leur reclassement conservent le bénéfice de leur indice.

Le salaire brut est calculé en multipliant l’indice détenu (indice majoré) par la valeur du point d’indice et en le rapportant à la quotité travaillée : indice x 4,69 €/ quotité de travail

Exemple : Une AESH est en CDD à l’indice 345 et travaille à 62%. Son salaire sera de 345 x 4,69 € x 62% = 1003 € bruts/ mois, soit 805 € nets/ mois.

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Les AESH sous contrat depuis 2017 bénéficient d’une rémunération complémentaire destinée à compenser la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse de la CSG.

La rémunération des AESH n’est pas à la hauteur du service que ces agent·es apportent au bénéfice de l’école inclusive et de la scolarisation des élèves en situation de handicap. Ils et elles pâtissent à la fois de temps de travail très bas et d’indices de rémunération au minimum de la Fonction publique. Selon l’INSEE, on est considéré comme pauvre en France quand on perçoit des revenus mensuels inférieurs à 885 € ou 1 063 €, selon qu’on utilise le seuil de pauvreté fixé à 50% ou 60% du niveau de vie médian. Si le ministère a refondu la grille de rémunération, ce coup de pouce reste bien insuffisant.

Au mieux les AESH peuvent espérer voir leur salaire augmenter de 94 points d’indice pour toute une « carrière », ce qui correspond à une augmentation de... 219 € net pour une AESH travaillant à 62%. Quant aux indices de bas de grille, ils seront une nouvelle fois rattrapés par la hausse du SMIC dans les prochains mois.

Pour le SNUipp-FSU, le ministère doit s’engager dans une réelle amélioration des salaires. Cela passe à la fois par un cadre de rémunérations plus ambitieux et une augmentation des temps de travail. Il est urgent d’en finir avec l’insupportable précarité des AESH !

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