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Conseil Départementale de la Formation (CDF) du 14 juin 2022

jeudi 16 juin 2022

Le CDF s’est tenu à la DSDEN. C’est l’occasion pour cette dernière de présenter un bilan de l’année 2021-22 et les perspectives de 2022-23 mises en oeuvre, tant la formation initiale que la formation continue des enseignant·e·s.

Et autant dire que les perspectives ne sont pas réjouissantes du point de vue du SNUipp-FSU45.

Le CDF késako ?

C’est une instance départementale dans laquelle siègent des organisations syndicales, des collègues formateur·trice·s, des conseillers pédagogiques ainsi que l’administration. Cette instance n’est que consultative. Les décisions sont prises et le dialogue social pourtant avancé par le Directeur Académique n’a pas été très sollicité.

Ce fut néanmoins l’occasion pour le SNUipp-FSU45 de dénoncer les manœuvres en cours et rappeler ses positions sur la formation des enseignant·e·s.

Formation continue : paquet sur les plans Mathématiques et Français, et l’adaptation au métier

Après deux années traversées avec la pandémie, le nombre de jours de formation (avec remplacement sur temps scolaire) a logiquement augmenté. Le contraire eut été gravissime. La plus forte augmentation concerne les plans mathématiques et français (+283%).

A cet égard, le SNuip-FSU45 a rappelé l’importance de maintenir une formation continue pluridisciplinaire, et de ne pas seulement privilégier les « savoirs fondamentaux » au risque de minorer les autres domaines d’apprentissage (créatifs, scientifiques et l’éducation physique et sportive) tout aussi important dans le développement de l’enfant.

Autre augmentation et pas des moindres, les journées de formation pour l’adaptation au métier (+277%). Cela recouvre différents modules de formation : sur la prise en charge des classes dédoublées GS-CP-CE1, la prise de poste en ASH pour les non-titulaires du CAPPEI...

Le SNuipp-FSU45 y voit ici un déficit criant de la formation initiale. Dépouillée dans sa réforme et souvent centrée sur la didactique des fondamentaux, ne sont pas rares les néo-titulaires qui n’ont pas idée de ce que recouvrent l’enseignement dans un cycle particulier ou sur les postes spécialisés.

L’EAFC ???

Mais au-delà des domaines concernés par la formation départementale, le CDF fut l’occasion de présenté l’Ecole Académique de la Formation Continue. L’idée présentée par l’administration et, en invité, le responsable de Canopé : une nouvelle manière de penser les formations à partir des besoins des enseignant·e·s.

Sur le papier, c’est beau ! Dans les faits, ce n’est pas tout à fait calé et le SNUipp-FSU45 s’interroge sur les finalités de cette nouvelle entité :

  • recueillir les besoins

Mais comment ? Visiblement ce n’est pas encore déterminé... Au SNUipp-FSU, l’idée la plus simple nous semblerait simplement d’envoyer un questionnaire à chaque enseignant·e... Visiblement ils n’y ont pas pensé. Alors qui pour proposer les axes de formation dont les collègues ont besoin : la hiérarchie (IEN), les directeur·trice·s ? Ah ! Loi Rilhac quand tu nous tiens. Nous sommes peut-être taquins mais nous ne pouvons nous empêcher d’être méfiant·e·s. Le projet vendu est beau, mais si, au final on décide pour nous de nos besoins, nous n’y voyons pas un progrès...

  • proposer des formations de niveau

Les collègues pourraient donc débuter une formation en sciences par exemple, au niveau novice ou intermédiaire ou expert en fonction de leurs parcours.

Deux remarques de notre part à ce sujet : · Cela ne va-t-il pas pousser vers une spécialisation des collègues complètement contraire à la nature des Professeur·e·s des écoles : à savoir la pluridisciplinarité ? Pour le SNUipp-FSU, il est clair que c’est le danger de cette méthode. Et c’est l’anti-chambre de l’adaptation progressive des écoles à un fonctionnement typé collège.

· On se répète, mais là encore c’est le signe des manques criants de la formation initiale dépouillée de ces heures depuis des années. Les étudiant·e·s puis stagiaires n’ont pas le temps nécessaires pour appréhender de manière approfondie l’ensemble des domaines d’apprentissage qu’on leur demande d’aborder ensuite en classe.

Formation initiale : un bilan sommaire d’une réforme qui pourtant chamboule les étudiant·e·s et les stagiaires

Le bilan proposé par l’INSPE et l’administration ne fut que comptable, ce qui est bien regrettable au regard des retours collectés par le SNUipp-FSU45 auprès des collègues débutant·e·s

  • surcharge de travail entre mémoire, responsabilité de la classe, préparation au concours ;
  • contenus peu approfondis sur des sujets auxquels ils devront faire face rapidement dans leurs carrière : postes spécialisés, dédoublement... Heureusement que la formation continue prévoit ces modules (sic !).

Une satisfaction malgré tout : les Professeur·e·s des écoles stagiaires ne pourront plus être seulement suivi·e·s par des candidat·e·s au CAFIPEMF : l’administration a reconnu les dangers et les difficultés que cela représentait dans la formation des stagiaires comme dans les conditions de travail des aspirant·e·s PEMF.

Le Ministère a sorti sa boule de cristal pour les futur·e·s PES

Il est prévu 46 stagiaires en responsabilité à 50% + formation INSPE 50% (ce sont les lauréat·e·s du concours et titulaires d’un master autres que MEEF), et 42 stagiaires en responsabilité pleine (concours obtenu + master MEEF).

Cette prévision est complètement infondée : en effet nul ne peut connaitre l’affectation des lauréat·e·s dans le Loiret (qu’iels aient un master MEEF ou un autre) puisque cela est déterminé par leur rang au concours et leurs voeux de départements.

Si cette prévision s’avère juste, ce ne sera qu’un immense coup de bol pour l’administration. Si, en revanche, la réalité ne colle pas aux prévisions, nous leur souhaitons bon courage et nous serons surtout vigilants à ce que les stagiaires puissent entamer leur carrière dans des conditions acceptables.

Les étudiants-alternants (responsabilité de classe à 1/3 temps avant d’avoir le concours) seront quant à eux 45 l’an prochain, a annoncé le directeur de l’INSPE 1er degré. Pour rappel, en 2020-21, la filière avait fait le plein en recrutement mais avait subi nombre de désistements à la rentrée...

Evaluation d’école et formation

Un point inopiné a fait irruption dans ce CDF en présentant la future formation des directeur·trice·s à la « coordination des évaluations d’école ». Projet fumant, le SNUipp-FSU demeure très suspicieux quant aux réelles intentions de ces nouvelles modalités d’évaluation. Nous détaillerons prochainement les informations en notre possession dans un article connexe.

Formation initiale déchue de son exhaustivité, tentative d’y pallier par la formation continue, spécialisation des enseignant·e·s mettant en péril la pluridisciplinarité (pilier de notre métier), évaluation d’école ... Ce CDF n’a pas été de tout repos et a surtout montré que les intentions de la politique éducative actuelle est bien « en marche »... Pas sûr qu’on marche tous « ensemble » par contre...

Pour défendre notre métier et une formation solide et exigente, j’adhère dès maintenant pour 2022-23.

Lexique : un petit rappel ne fait jamais de mal dans notre jargon...

ASH : adaptation scolaire et scolarisation des élèves en situation de handicap

CAFIPEMF : certification de maitre·sse fortmateur·trice

CAPPEI : certification d’enseignant·e spécialisé

CDF : conseil départementale de la formation

DSDEN : direction des services départementaux de l’éducation nationale

EAFC : école académique de la formation continue

FSU : fédération syndical unitaire

INSPE : institut national supérieur du professorat et de l’éducation

MEEF : master métiers de l’éducation, de l’enseignement et de la formation

SNUipp - FSU : syndicat national unitaire des instituteur·trice·s, professeur·e·s des écoles et des PEGC

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