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Evaluation d’école : LAISSEZ LES ECOLES RESPIRER !!

jeudi 7 juillet 2022

Décryptage, mandat du SNUipp-FSU, communiqué commun, motion de conseil des maîtres, fiche RSST, lettre à la rectrice

Les évaluations d’écoles vont être généralisées à partir de la rentrée 2022. Le SNUipp-FSU s’oppose à ce dispositif chronophage qui ne répond en rien aux besoins des collègues.

Ces évaluations lient notamment acquisitions et résultats des élèves aux pratiques professionnelles. Elles rapprochent aussi temps scolaires, périscolaires et fonctionnement d’école. Sous l’égide du Conseil d’Évaluation de l’École, il s’agit de faire reposer l’analyse du système éducatif sur les résultats des auto-évaluations et des évaluations externes des écoles et établissements scolaires.

Les équipes se verront dorénavant imposer, dans un dispositif inutile et chronophage, leurs axes de travail aux dépens de leur liberté pédagogique. Elles se retrouveront dessaisies de la construction concertée du projet d’école dans sa forme actuelle.

La participation des représentant·es des collectivités à la phase d’auto-évaluation et celle des représentant·es du monde économique au comité consultatif constituent des risques inacceptables de pression et d’ingérence. La place donnée aux parents et aux élèves dans cette évaluation, via des questionnaires de satisfaction, transforme également le rapport des usager·es au service public d’éducation le faisant évoluer vers une logique d’offre et de marché.

Le SNUipp-FSU exige l’abandon de ce dispositif et appelle les écoles à ne pas y participer. Il met dès à présent une motion de conseil des maître·sses à disposition des équipes qui souhaitent ne pas y prendre part. Il soutiendra tous les personnels qui subiraient des pressions.

Communiqué Commun adressé au ministre PDF - 136 ko

Motion de conseil de maîtres Word - 17.8 ko

Le SNUipp-FSU s’est adressé à Mme la Rectrice et a demandé une audience en urgence.

  • Notre courrier à Mme la Rectrice en date du 23 juin 2022 PDF - 10.4 ko

Pour diffuser en salle des maitre·sses PDF - 347.9 ko

Pour mémoire :

Quel est ce dispositif ?

Issue de la loi dite « pour une École de la confiance », massivement rejetée par la communauté éducative en 2019, cette évaluation se déroule en deux phases :

  • une phase d’autoévaluation, qui a pour but « d’analyser l’école dans sa globalité » en intégrant les temps scolaires (acquis des élèves, vie dans l’école) et périscolaires, en faisant participer les enseignant-es de l’école, les parents, les élèves et la collectivité locale,
  • une phase d’évaluation externe, conduite par des personnels désignés par le DASEN et n’intervenant pas dans l’école (IEN, directeur-trice, chef-fe d’établissement, CPC, enseignant-e…), qui produisent un rapport d’évaluation.

La FSU a dénoncé le caractère « tombé d’en haut » de ce dispositif, dont ni les personnels des écoles, ni les IEN n’étaient demandeur.ses. Ce vécu est amplifié dans la période de pandémie que nous subissons toutes et tous.

Le SNUipp-FSU a notamment pointé certaines dérives locales qui illustrent la publication tardive du cadrage national spécifique au 1er degré et le manque de rigueur des questionnaires adressés aux familles et aux élèves. Les questions de l’absence de temps dédié pour les équipes concernées, et des finalités de ce dispositif ont également été soulevées.

Ce dispositif amplifie la dépossession des équipes sur leur métier :

  • pas de réel choix des indicateurs : les évaluations nationales de CP et CE1, largement contestées par les enseignant-es comme par la communauté scientifique, donnent un image biaisée de la réussite des élèves, en ne prenant en compte qu’une part réduite des compétences
  • flou entretenu entre évaluation de la structure et des agent·es : des questionnaires « de satisfaction » aux parents et aux élèves qui amènent principalement à évaluer les attitudes et pratiques des enseignant-es et qui risquent d’instaurer une relation « clientéliste » inacceptable et en opposition avec les missions et valeurs du Service public.
  • peu d’influence sur les marges de manœuvre dans l’écriture du projet d’école…

Nous constatons qu’en l’état actuel, aucun moyen supplémentaire n’est prévu, ni en temps dédiés, ni en personnels. Le SNUipp-FSU dénonce l’aspect très chronophage de ce dispositif, notamment pour les directrices et directeurs.

Le cadrage spécifique pour le 1er degré vient juste de paraître et atteste de l’esprit de cette démarche :

1) Sur la charge supplémentaire pour les directeurs.trices : « L’organisation de l’auto-évaluation est dans les mains de l’école. L’organisation de l’auto-évaluation est conduite au niveau de chaque école par son directeur pour ce qui relève du temps scolaire. » C’est également à l’équipe et à la direction qu’il revient la rédaction du rapport d’auto-évaluation.

2) Si l’évaluation ne doit à priori concerner que l’école et non les personnels, des phrases du document cadre posent problème :

▪ « mesurer les acquisitions des élèves et leurs résultats et les relier aux pratiques professionnelles, aux organisations retenues et aux choix opérés par l’école »

▪ « Acquis des élèves (par cycle et niveau, niveau de maîtrise du socle, compétences sociales, parcours éducatifs et attestations en milieu scolaire) »

▪ « Choix pédagogiques en matière de pratiques évaluatives »

▪ « Aide aux élèves (aménagement des parcours, accompagnement des élèves, aide spécialisée, programmes personnalisés de réussite éducative, classes dédoublées, stages de réussite, vacances apprenantes) »

Accès au projet politique gouvernemental en détails !

PDF - 884.1 ko

Le SNUipp-FSU s’oppose à cette démarche qui relève plus d’une forme de management que d’un levier pour améliorer la réussite des élèves. Le risque est grand d’accentuer la mise sous tutelle des équipes enseignantes, les plaçant dans une logique de « comptes à rendre ».

Ce dispositif n’est pas une solution pour faire réussir tous-tes les élèves : ce sont de véritables moyens dont l’école à besoin et non d’une stratégie managériale. Dans ces conditions, le SNUipp-FSU incite les équipes à ne pas s’engager dans le dispositif d’évaluation d’école.*]

Conclusion :

Prendre du recul sur les pratiques professionnelles, individuelles et collectives est nécessaire. Mais ce nouveau dispositif chronophage et descendant relève plus d’une forme de management que d’un levier pour améliorer la réussite des élèves. C’est pourquoi le SNUipp-FSU appelle les écoles à ne pas participer à ce dispositif d’évaluation.

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