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RASED : le MEN reste flou sur ses intentions

jeudi 7 juillet 2022

Suite à la publication du rapport de l’Inspection générale sur « l’organisation, le fonctionnement et l’évaluation des effets du RASED », le Collectif national RASED a enfin été reçu par le ministère de l’Éducation nationale.

La sous directrice du cabinet de la DGESCO a confirmé que ce rapport avait pour vocation d’éclairer les choix des politiques publiques pour les réseaux d’aides, mais que rien n’était acté. Pour autant, à l’issue de cette rencontre, les membres du Collectif restent toujours très inquiets sur le devenir des RASED et redoutent, comme l’a laissé entendre la DGESCO, la mise en œuvre de certaines préconisations du rapport, qui altérerait considérablement leur rôle et leurs missions.

Compte Rendu de la rencontre collectif RASED/DGESCO du 23 mai

Après trois demandes successives d’une audience avec le MEN au sujet du rapport de l’IG sur l’organisation et le fonctionnement des RASED, le collectif national RASED enfin été reçu.

Le collectif a passé au crible chacune des 11 préconisations du rapport qu’il juge être une commande ministérielle visant à poursuivre le démantèlement des RASED ou tout du moins l’évolution de leurs missions pour répondre aux exigences de l’inclusion scolaire.

La sous-directrice de la DGESCO considère que ce rapport a pour vocation d’éclairer les choix des politiques publiques et y voit le signe que les RASED sont au cœur des préoccupations mais ce ne sont que des préconisations et rien n’est acté. Sur le terrain, nous voyons bien que la « mutation » est engagée.

Concernant la nouvelle circulaire préconisée par les rapporteur·trices, ce n’est pas à l’ordre du jour. On serait sur un toilettage de celle de 2014 qui consisterait à harmoniser les RASED par un cadrage nationale mais avec un pilotage des DSDEN adoptable aux réalités locales. Le MEN ne remet à aucun moment en cause les missions des RASED décrites dans la circulaire 2014. Sur le terrain, nous voyons bien qu’il ne garantit pas les moyens de les exercer.

Concernant le pilotage des RASED, il ne s’agirait pas d’un contrôle opéré sur le travail des RASED mais un pilotage partagé et « en interaction avec les territoires » via le pôle ressource. L’harmonisation pointée par le rapport concernerait le cadrage national mais consisterait surtout à rendre la présence des RASED plus homogène sur le territoire sans les abonder.

Concernant la prévention de la difficulté scolaire : interrogée plusieurs fois sur l’impuissance des RASED à assurer leur mission de prévention, la DGESCO assure que la formation initiale permettra aux PE de mettre en œuvre une pédagogie plus adaptées, de repérer et de prévenir la difficulté via les modalités de différentiation, les APC, .. Une posture professionnelle plus adaptée : différenciation de l’accueil, l’accompagnement des familles. Pour le MEN, la prévention c’est cela !

Ces supers enseignant·es « inclusifs » repèreront les difficultés plus « graves » et pourront ensuite solliciter les RASED/Pôles ressources. C’est la mission attendue des RASED « partage de l’expertise dans le cadre des PRC » Sans remettre en cause les missions, notamment l’aide directe aux élèves, le MEN s’inscrit dans une redéfinition du RASED, une « ré articulation des RASED avec l’école inclusive », psy EN inclus.

Concernant les effectifs des RASED… la DGESCO n’a pas du tout l’intention de remettre les postes au niveau de 2007 (- 15 000 - un tiers) Elle se félicite de la stabilisation global des effectifs depuis 2017 mais n’envisage pas de ré abonder les postes. Il n’y aura pas de suppression et elle accompagnera les besoins qui se font jour de la part des DSDEN. La rentrée 2021 a vu le nombre de postes augmenter mais des psy essentiellement à la demande des DSDEN. Ce qui signifie bien que si les missions « personnes ressources » montent en puissance, les aides directes aux élèves s’en trouveront amoindries.

Concernant la formation spécialisée initiale et continue, le rapport préconisait que chaque poste spécialisé soit pourvu par des enseignant·es formé·es. Le MEN n’a pas annoncé une augmentation de départs en formation mais a insisté sur la priorité de former des enseignant·es du second degré. Sur le terrain, on constate l’augmentation de postes de RASED vacants, gelés voire transformés pour les besoins de l’inclusion.

Concernant les postes de psy, face à la contractualisation massive, aux postes vacants et les places insuffisantes au concours, voire la désaffection des candidat·es….. Le MEN a botté en touche en renvoyant la discussion à une future rencontre avec les OS des psy EN. Pour lui, c’est un concours qui fonctionne.

En Conclusion, il a été question de réformer les RASED (mieux répartis sur le territoire, pilotage et exercice des missions plus ancrés sur le territoire et le pôle ressource, en relai des situations qui n’ont pas pu être prévenue par l’enseignement « ordinaire », en conseil aux enseignant·es…….mais sans nouveaux texte officiel à négocier !!!(le rapport parle de « vademeccum »).

A aucun moment il n’a été question du cœur de notre métier, alors que chaque orga et asso dont les parents d’élèves ont « crié » l’urgence de donner les moyens au RASED de poursuivre leurs missions actuelles. C’est par le tout inclusif que le MEN répond :

« L’école inclusive a vocation à permettre à chaque élève d’entrer dans les apprentissages de façon différentiée… pour les élèves en SH, selon les modalités de leur PPS. »

Un lien a carrément été établi entre RASED et le CEE (Le conseil d’évaluation des écoles)

Rendez-vous est donné au premier trimestre prochain quand le nouveau ministre sera installé, avec le collectif, pour discuter du cadrage/pilotage « partagé », dans la perspective d’une restructuration des RASED, mais pas d’écriture officielle.

Le communiqué du collectif RASED : PDF - 341.8 ko

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